Formation Esthéticienne : diplômes et perspectives d’emploi

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N’en déplaise à la crise, le secteur de l’esthétique se porte bien : prendre soin de son apparence fait désormais partie des us et coutumes, au point que même les hommes se sont mis à investir les instituts de beauté. Il reste cependant un univers bien féminin concernant les personnes qui y travaillent : pour ma part, je n’ai encore jamais rencontré d’esthéticien et j’ai toujours eu affaire à des femmes lors de mes achats de cosmétiques et autres parfums.

Le domaine de l’esthétique comporte deux familles d’activités : d’un côté la fabrication et la commercialisation des produits, de l’autre les soins esthétiques. A ces deux familles correspondent trois diplômes : le CAP, le bac pro et le BTS. Avant de nous pencher sur chacun d’eux en particulier, faisons un petit récapitulatif de leur création et de leurs modifications successives.

Le premier examen du CAP a eu lieu en 1964, après création du premier référentiel. Il y était rappelé entre autres que, suite à la réglementation de l’épilation du 6 janvier 1962, seul l’usage de la pince et de la cire était autorisé aux esthéticiennes, les autres procédés relevant du domaine médical. La première modification intervient en 1983 pour y inclure l’enseignement théorique de l’utilisation des appareils électriques. Après des remaniements de 1990 à 1992, il prend sont titre définitif de CAP d’Esthéticienne-Cosméticienne Conseil et Vente.

1975 : création du BTS dont la première session d’examen aura lieu en 1977. En 1996 il devient BTS Esthétique-Cosmétique, devenu depuis 2012 BTS Métiers de l’esthétique cosmétique parfumerie et intégrant trois options. La première session de ce nouveau BTS aura lieu en cette année 2015.

1980 : création du Brevet de Maîtrise de niveau IV qui devient le diplôme de référence des professionnels, d’autant qu’il permettait de concourir au titre de Maître Artisan. Il fut abandonné pour cause d’accès trop dificile puis réintégré en 2009 en tant que diplôme de niveau III, c’est-à-dire au même niveau que le BTS.

1985 : naissance du BP qui devient en 2004 Brevet Professionnel Parfumerie Esthétique Cosmétique. Ne se prépare qu’en alternance.

La loi de 1996 rend obligatoire la possession du CAP au minimum pour pratiquer des soins eshétiques et le décret du 30 mai 1996 réglemente la pratique des UV.

Le manque de diplôme de niveau IV dans la profession conduit à la création du bac pro esthétique le 4 novembre 2003, d’abord uniquement en alternance puis également par la formation initiale à partir de 2004.

Le CAP esthétique

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Le CAP esthétique s’adresse à celles qui souhaitent faire des soins esthétiques leur principale activité. Si nous employons l’adjectif « principale », c’est parce que ce diplôme, outre les soins à la personne, donne également accès à la vente de produits donc à un des volets de la commercialisation.

Le grand avantage de ce diplôme est de ne nécessiter qu’une formation courte : 2 ans pour les élèves issues d’une classe de 3ème et 1 an pour celles issues de 1ère ou possédant un autre diplôme de niveau V ainsi que pour les adultes en reconversion professionnelle.

Il possède toutefois une limite : il n’autorise que les soins du visage, la beauté des mains et des pieds, l’épilation et le maquillage. Celles qui souhaitent accéder aux soins du corps devront suivre une formation complémentaire. Outre cette formation « soins du corps », beaucoup d’écoles privées proposent des options lors de la préparation du CAP :

  • spa praticien, permettant d’exercer dans le secteur spécifique de la thalassothérapie ;
  • stylisme ongulaire, pour effectuer un travail d’artiste au niveau des faux ongles ;
  • maquillage, complétant les techniques de base du CAP en enseignant l’art de maquillages spécifiques.

Ces options peuvent retenir votre attention si vous avez l’intention de vous spécialiser dans l’un de ces domaines, mais il faut savoir qu’elles débouchent sur des attestations de formation et non sur des diplômes officiels.

Nantie de votre CAP esthétique, vous allez maintenant pouvoir vous lancer dans la vie active. Les plus grands recruteurs d’esthéticiennes sont les instituts de beauté où l’activité prédominante repose sur les soins du visage et l’épilation. Il faut d’ailleurs noter que les salons indépendants tendent à se raréfier au profit des instituts franchisés. En revanche on trouve maintenant des instituts dans des lieux qui en étaient autrefois dépourvus : résidences de tourisme, campings haut de gamme, hôtels de prestige, et même bateaux de croisière pour celles qui ont le goût du voyage (à condition de maîtriser l’anglais).

Si vous êtes axée soins des mains, beaucoup de salons de coiffure s’adjoignent les services d’une manucure. Et si vous avez opté pour une option, vous pouvez exercer dans des lieux plus spécifiques : centre de thalasso, onglerie, bar à ongles, milieu du spectacle pour les maquilleuses (mais là les places sont chères)…

La tendance humanitaire se développant depuis quelques années, l’esthéticienne a également sa place dans les hopitaux, les maisons de santé, les maisons de retraite, les maisons d’arrêt. Pour y accéder, au bout de deux ans d’expérience minimum vous pourrez suivre la formation du CODES qui fera de vous une socio-esthéticienne.

Vous souhaitez être indépendante? L’esthétique à domicile est en nette progression, permettant ainsi de cumuler soins et vente de produits avec l’appui des marques. Ce cas de figure nécessite toutefois une organisation sans faille et de bonnes connaissances en gestion.

Cette première plongée dans le monde de la beauté vous aura peut-être donné envie d’en apprendre davanage. Dans ce cas le bac pro esthétique vous tend les bras.

Le bac pro esthétique

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Une précision s’impose avant tout. Le Brevet Professionnel est un diplôme de même niveau que le bac pro esthétique mais nous avons choisi de traiter ce dernier de préférence au BP pour deux raisons : d’une part la formation au BP ne s’effectue qu’en alternance, ce qui rend son accès impossible si la candidate n’a pas réussi à trouver une entreprise d’accueil. D’autre part, l’enseignement des matières générales est beaucoup important en bac pro qu’en BP, ouvrant ainsi la voie à une poursuite d’études vers le BTS. Si le programme de pratique esthétique est identique dans les deux formations, le bac pro aborde en outre la gestion de l’entreprise. On peut résumer la finalité de ces diplômes de la façon suivante : le BP pour devenir une esthéticienne maîtrisant parfaitement les techniques, le bac pro pour avoir la possibilité d’explorer d’autres domaines du secteur tout en étant une professionnelle de la pratique.

Deux durées de formation au bac pro esthétique sont possibles selon le niveau scolaire. Il s’effectuera en 3 ans et sur dossier pour l’élève issue d’une classe de 3ème, avec passage du CAP en fin de 2ème année. S’il s’agit d’une réorientation et sur avis favorable de l’équipe pédagogique, les élèves de seconde générale ou technologique peuvent également être admises.

La formation en 2 ans s’adresse aux titulaires du CAP esthétique. Là aussi il peut être fait des exceptions pour les titulaires d’un autre CAP ou du bac ainsi que pour les élèves de 1ère. Dans un cas comme dans l’autre, il comporte un stage (16 ou 22 semaines) obligatoire.

Le programme du bac pro est véritablement complet et l’on s’en rend d’autant plus compte quand on regarde les conditions d’examen : 26 heures pour 7 épreuves. L’enseignement général est celui commun à tous les bacs pro et l’enseignement professionnel approfondit divers domaines : biologie appliquée, méthodes et technologies, cadre organisationnel, gestion de l’entreprise. Cette dernière matière est extrêmement poussée : 5 domaines eux-même décomposés en une vingtaine de sous-domaines. C’est dire qu’à l’issue de cette formation on maîtrise parfaitement toutes les difficultés susceptibles de se présenter à un chef d’entreprise.

On l’aura compris, si le bac pro esthétique peaufine toutes les techniques de soin, il a surtout vocation à permettre de diriger un salon de beauté ou une parfumerie. Mais si vous ne souhaitez pas vous orienter vers cette voie, d’autres possibilités s’offrent à vous.

La conseillère-vendeuse en parfumerie doit être imbattable dans deux domaines : les caractéristiques des produits et les techniques de vente. La partie « méthodes et technologie » du programme comporte un enseignement sur les parfums répondant à cette connaissance nécessaire. En outre les marques développent une formation interne qui vous fournira toutes les informations complémentaires. Quant aux techniques de vente, elles représentent un des volets de la partie « gestion ».

La démonstratrice assure un peu les mêmes fonctions, avec pour différence qu’elle intervient dans le cadre du lancement de nouveaux produits et non dans la vente de produits courants. Idéal pour qui aime bouger, cet emploi est synonyme de déplacements fréquents et parfois lointains. Au bout de quelques années d’expérience l’évolution est possible vers un poste de chef des ventes ou d’inspecteur commercial.

Pour une poursuite d’études dans ce domaine , le BTS esthétique est la voie toute tracée. Mais comme la priorité pour ce BTS est donnée aux titulaires de baccalauréats à dominante scientifique, attachez-vous durant l’année de terminale à vous constituer un très bon dossier et une bonne moyenne générale. Et attention à ne pas négliger les enseignements généraux comme on a parfois tendance à le faire au niveau d’un bac pro : ils ont une grande importancee dans le cursus du BTS.

Le BTS Métiers de l’esthétique cosmétique parfumerie

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C’est la nouvelle dénomination de ce diplôme rénové en 2012 et comportant désormais trois options. On ne dispose pour l’instant d’aucun avis des candidates quant aux conditions de passage des épreuves puisque la première session de cet examen aura lieu cette année. Mais le BTS eshétique ayant toujours été réputé pour sa difficulté, il n’y a aucune raison pour qu’il se soit simplifié.

Les BTS n’ont longtemps éé accessibles qu’aux titulaires de baccalauréats généraux ou technologiques. Ils sont maintenant ouverts aux bacs pro, d’autant que la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche de juillet 2013 impose aux recteurs un pourcentage minimal de bacheliers professionnels par filière et par lycée.

Un argument joue contre les bacs pro lors des demandes d’entrée en BTS : leur réputation de faiblesse dans les matières générales, le bac pro mettant l’accent sur l’enseignement professionnel. Pour cette raison mettez toutes vos forces sur les matières générales lors de la formation bac pro de façon à y afficher une solide moyenne. Montrez également votre curiosité et votre implication : l’état d’esprit d’un candidat au BTS importe tout autant que ses résulats.

En revanche, votre niveau élevé dans les matières professionnelles (qui font défaut aux bacs généraux) et votre connaissance de l’entreprise par le biais du stage ou de l’alternance joue en votre faveur.

La formation s’effectue en 2 ans mais peut êre rallongée d’une année de prépa. Cette dernière est préconisée si vous n’avez pas le « bon bac » pour accéder au BTS esthétique. Elle vous permettra d’afficher les connaissances scientifiques, professionnelles et de gestion propres à booster votre dossier.

La première année est une année d’enseignement de compétences communes : prestations et services, communication professionnelle, environnement professionnel et langues vivantes. Outre ces dernières, les connaissances générales sont partie intégrante de cet enseignement (par exemple physique/chimie et biologie dans le cadre des prestations et services, excellent niveau de français dans la communication professionnelle…). S’y ajoute un stage de 4 à 5 semaines.

La deuxième année est axée uniquement sur l’option : management, formation-marques ou cosmétologie. Stage de 7 semaines, obligatoirement en lien avec l’option.

Les débouchés découlent directement de l’option choisie. Nous passerons sur la profession d’esthéticienne qui ne nécessite pas véritablement d’aller jusqu’à ce type de diplôme et sur la direction d’institut déjà accessible avec le bac pro.

L’option management mène aux fonctions d’attachée commerciale, de cadre technico-commerciale ou d’assistante chef de produit. L’option formation-marques est plutôt destinée à être formatrice, attachée technique de clientèle, technicienne d’évaluation ou de contrôle et également assistante chef de produit. Quant à l’option cosmétologie, elle s’adresse à celles qui sont attirées par le contrôle et la recherche en laboratoire telle que la technicienne en biométrie et analyse sensorielle.

Et si votre soif de savoirs n’est toujours pas satisfaite, vous pouvez l’apaiser en poursuivant vers certaines licences professionnelles.

Considérations d’ordre général

1) Formation esthéticienne : initiale ou alternance?

Si les bienfaits de l’alternance pour le CAP et le bac pro ne font aucun doue, les avis sont beaucoup plus partagés en ce qui concerne le BTS. Motif : la densité du programme qui s’accomoderait mal du surcroît de travail en entreprise. Cependant les candidates au BTS issues du bac pro en alternance ont le grand avantage sur les autres d’avoir déjà appris à maîtriser ce double emploi du temps. Et comme les bacs pro qui accèdent au BTS ont la réputation d’être extrêmement motivées, après tout, pourquoi pas?

Notons au passage que ces diplômes sont également accessibles par le biais de la VAE avec les mêmes conditions que pour toute VAE : expérience d’au moins 3 ans dans des activités en rapport avec le référentiel. Petite restriction toutefois pour le BTS dont la nouvelle mouture est trop récente pour que l’on sache exactement quelles sont les compétences à valider par rapport aux options.

2) Le choix de l’école

Il se pose surtout si vous devez faire votre formation en école privée. Quelques critères permettent de repérer une école fiable et sérieuse :

  • son mode d’admission (à éviter s’il est trop laxiste, il y a des risques que l’enseignement soit du même acabit) ;
  • sa réputation (bien considérée par les professionnels, c’est un point en sa faveur) ;
  • sa tranparence (une école n’organisant pas de journées portes ouvertes ou de participations aux congrès professionnels n’est pas à conseiller) ;
  • la qualité d’enseignement (recherchez des avis positifs d’anciens élèves et privilégiez celle dont les enseignants sont issus du terrain) ;
  • son taux de réussite aux examens.

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